Syndicat de Bassin de l'Elorn
Etablissement Public Territorial de Bassin
 

Barrage du Drennec

Après presque 10 ans de recherche du meilleur site d’implantation, le Syndicat de bassin a pris la décision en 1979 de lancer la construction du barrage du Drennec sur la commune de SIZUN.

L’intérêt était double :

  • Alimenter, dans de bonnes conditions, (et notamment en été) l’usine de traitement de Pont ar Bled, qui dessert en eau potable l’agglomération brestoise (environ 300 000 habitants). La sécheresse de 1976 avait permis de s’apercevoir des difficultés potentielles d’approvisionnement en eau potable ;
  • Régulariser le débit du cours d’eau en fonction des besoins.

Après 3 ans de construction, le barrage a été mis en eau en 1982. D’une superficie de 110 ha, la retenue contient 8,7 millions de m3 d’eau pour une profondeur maximale de 20 m et 10 km de rives. Il est alimenté principalement par deux cours d’eau : l’Elorn et son premier affluent le Mougau.

PDF - 5.2 Mo
Diaporama construction barrage Drennec

Depuis 2002, le Syndicat, propriétaire du barrage du Drennec, assure sa gestion en régie ; deux employés du Syndicat, qui assurent l’entretien du site (espaces verts et naturels, boisements, sentiers…) sont chargés de surveiller et entretenir l’ouvrage et d’assurer le maintien et le réglage des débits.

La gestion du barrage

La vocation du barrage étant le soutien d’étiage de la rivière, il collecte des volumes d’eau en hiver pour les relarguer pendant la période estivale.

PDF - 260.8 ko
Marnage de la retenue du Drennec

Une courbe de gestion théorique a été définie par le comité de suivi du barrage, qui permet de définir les valeurs seuils de niveau d’eau (et donc de volume) et de débits à respecter aux différentes périodes ; mais la gestion est bien sûr adaptée aux conditions météo rencontrées, l’essentiel étant de permettre le respect des débits réservés (ou « débits minimums biologiques » : débits garantissant le respect des conditions de vie des différentes espèces aquatiques) au niveau des principales prises d’eau sur la rivière.

PDF - 84.5 ko
Courbe théorique de gestion du barrage
PDF - 373.1 ko
Courbes de gestion Drennec 2015

Ce barrage, classé comme « intéressant la sécurité publique » du fait de son dénivelé et de son volume, fait l’objet d’une visite de contrôle annuelle, ainsi que d’une inspection d’ensemble tous les 10 ans ; cette visite décennale, qui doit permettre un examen des parties habituellement noyées de l’ouvrage, du génie civil et des aménagements peut nécessiter la vidange de la retenue afin de dégager le parement amont et d’ausculter la chambre des vannes. La dernière vidange décennale a eu lieu en 2006. La visite décennale prévue en 2016 ne nécessitera a priori pas de vidange de la retenue ; l’inspection des parties immergées sera dans ce cas faite par plongeurs.

PDF - 199 ko
Bilan vidange décennale 2006 barrage Drennec

Une microcentrale hydroélectrique

La chute du barrage a été équipée en 2009 d’une micro-centrale hydroélectrique, d’une puissance d’environ 150 kW, qui permet de valoriser les débits de sortie du barrage sans en modifier la gestion. L’installation de cette microcentrale, qui permet de produire plus de 600 000 kWh par an (soit la consommation de 120 maisons aux normes 2012), a été faite en respectant au maximum les caractéristiques du site (locaux et câblages enterrés) et sans incidences supplémentaires sur l’environnement aquatique. Cf. caractéristiques détaillées dans l’onglet « production d’électricité »

Le site du Drennec

  • La pêche Classé en 1ère catégorie piscicole, le Lac du Drennec est considéré actuellement comme l’un des plus grands « réservoirs à truites » (truites Fario et Arc-en-ciel) de France. On peut également y trouver des gardons, rotengles, loches… La gestion de la pêche y a été confiée à l’association de pêche locale (AAPPMA de l’Elorn).
  • Les activités nautiques, la baignade Le plan d’eau permet l’initiation aux activités nautiques (pas de risque de dériver au large) et est souvent le lieu de régates de voile et autres manifestations nautiques (jeux interceltiques ; fête du nautisme….) sous la direction du Centre Nautique de l’Arrée, basé à côté de la plage de Commana. Le Syndicat de Bassin a aménagé 2 plages situées sur chacune des communes (Sizun et Commana).
  • Le tourisme Les Monts d’Arrée, aux alentours du Lac du Drennec, offrent à la fois des randonnées pédestres, des circuits de VTT, d’équitation et de nombreuses visites culturelles et touristiques (Moulin de Kérouat, Maison de la Rivière et Maison du Lac, Parc de Menez Meur…). Un sentier pédestre, entretenu par les salariés du Syndicat avec des techniques respectueuses de la qualité de l’eau, fait le tour de la retenue en sous-bois ou le long des berges. Des aires de pique-nique et des jeux pour enfants sont disposés sur son parcours.

Le suivi de la qualité de l’eau

La qualité de l’eau de la retenue est contrôlée depuis l’origine par le Syndicat de bassin (cf. courbes avec le lien ci-après) Le suivi du Barrage du Drennec

Les cyanobactéries

La retenue du Drennec, propriété du Syndicat de Bassin de l’Elorn, bénéficie de sa situation en tête de bassin versant qui la préserve des pollutions importantes susceptibles d’induire des phénomènes d’eutrophisation, c’est-à-dire d’accumulation des nutriments dans un milieu terrestre ou aquatique. Cependant, ces apports en nutriments reçus par le lac, notamment nitrates et phosphates, bien que plus limités que ceux mesurés sur les bassins versants situés plus en aval, représentent un risque d’enrichissement progressif du milieu particulièrement fragile que constitue le Drennec.

Pourquoi constate-t-on l’apparition de ces cyanobactéries ? Il faut tout d’abord signaler que les cyanobactéries, organismes vieux de plus de 3,5 milliards d’années, sont présents dans toutes les eaux, y compris dans le lac du Drennec avant l’apparition du phénomène actuel visible de prolifération. Ce phénomène n’est pas propre au lac du Drennec, mais est régulièrement observé dans de nombreuses retenues,bretonnes et dans le monde. D’autre part, même si ces phénomènes sont assez connus, les mécanismes qui engendrent leur prolifération dans le lac du Drennec suscitent encore des interrogations. La présence de la retenue, qui oblige les eaux à stagner pendant une période importante est une condition qui favorise les proliférations algales. En outre, suivant les années et les conditions météorologiques, plusieurs phénomènes, tels que la stratification thermique et le faible renouvellement de la masse d’eau du lac, peuvent favoriser des développements de phytoplanctons, et notamment de cyanobactéries potentiellement problématiques pour le maintien des usages de l’eau à l’amont et à l’aval de la retenue. Cette dernière étant fermée par un barrage empêchant le transfert des sédiments, un phénomène d’accumulation se produit naturellement en fonction des apports provenant de l’amont du bassin, de décantation et de remise en solution des éléments nutritifs (azote et phosphore) déclencheurs des proliférations.

Des proliférations de cyanobactéries visibles depuis 2012 Le développement de colonies visibles de cyanobactéries dans la retenue du Drennec a été détecté la première fois durant l’hiver 2011-2012, sous forme d’efflorescences en surface (accumulation en fine couche ou mousse poussée sur le bord par le vent). La survenue de ce phénomène en hiver est apparue étonnante à tous les spécialistes immédiatement consultés. En effet, le développement des microalgues est normalement favorisé par la luminosité du printemps et de l’été. La faiblesse des précipitations de l’hiver 2011-2012, et donc des apports en certains minéraux comme la silice, par réduction du ruissellement amont, ainsi que le plus faible renouvellement de l’eau de la retenue induit par cette sécheresse, ont pu modifier sensiblement l’équilibre du milieu et les populations phytoplanctoniques. L’étude de l’historique des résultats d’analyses effectuées sur la retenue, notamment par l’Agence Régionale de Santé (A.R.S) sur les plages de Commana et Sizun depuis 2003, a vite révélé que le phénomène apparu en 2012 était effectivement notable quant à la densité de cyanobactéries présentes (quoique restant mesurée dans l’absolu). Cependant, aucune évolution significative des paramètres de la qualité de l’eau susceptibles de favoriser ces développements algaux (azote et phosphore), n’a pu être mise en évidence ; le Syndicat du bassin de l’Elorn a en effet exploité des analyses mensuelles réalisées sur l’eau de la retenue depuis sa mise en eau et sur ses deux affluents principaux (l’Elorn et le Mougau) et a également renforcé ce suivi en 2013, sans y trouver d’évolution négative. Au-delà du phénomène d’accumulation inhérent à tout barrage, il semble que la météo de ces dernières années ait pu aussi jouer un rôle déterminant dans ces proliférations de cyanobactéries.

Un phénomène sous surveillance Face à ce phénomène, le Syndicat du bassin de l’Elorn a immédiatement engagé un suivi, par reconnaissance et comptage des cellules de phytoplanctons dans des échantillons d’eau du lac, qui a permis de compléter les données de l’A.R.S. qui concernent les plages. Prélevés en profondeur au centre de la retenue, ces échantillons ont permis de mettre en évidence l’existence de populations de cyanobactéries sensiblement différentes de celles mesurées sur les plages en surface. Une espèce particulière est apparue dominante : Planktothrix mougeotii. La progression de cette cyanobactérie serait favorisée, de plus en plus, par la stratification estivale de la retenue qui, selon les années, entraine la séparation nette entre l’eau de surface qui s’échauffe avec le soleil, et l’eau du fond plus froide et donc plus dense ; cette eau du fond perd progressivement son oxygène, entrainant le relargage du fer et du phosphore contenus dans les sédiments du lac. Ces éléments minéraux servent de carburant pour le développement de cette espèce de cyanobactérie, qui se concentre entre les deux masses, profitant également de la lumière encore présente à cette profondeur. Ces observations et hypothèses nécessitent des études complémentaires, qui ont démarré au printemps 2015, en collaboration avec l’université de Rennes 1. Dans l’immédiat, et pour ce qui est des risques pour la santé humaine, le Syndicat de Bassin de l’Elorn s’est rapproché des services de l’Etat. Il renforce son suivi de la qualité de l’eau afin de mieux apprécier les risques dans le lac, mais aussi dans l’Elorn en aval et, en liaison avec l’ARS, prendre les mesures de précaution qui pourraient s’imposer. Dans l’attente de ces résultats et face à ce phénomène, le Syndicat du bassin de l’Elorn recommande aux usagers des abords du lac du Drennec de ne pas entrer en contact avec les zones d’accumulation des cyanobactéries à la surface du lac, reconnaissables notamment à leur couleur, d’un vert intense, et de se référer aux panneaux d’information qui ont été installés devant les plages de Commana et Sizun.

 

Syndicat de bassin de l'Elorn - Ecopôle - 2 Vern ar Piquet - 29460 DAOULAS - Tél. : 02 98 25 93 51 - Fax. : 02 98 25 93 53 - Mail : syndicatelorn@wanadoo.fr
Mentions légales |